FESPACO 2019 – ABSENT DU YENNENGA : LE SÉNÉGAL EN LICE DANS D’AUTRES CATÉGORIES

Le Sénégal ne participera certes pas à la compétition pour l’Etalon d’or au cinquantenaire du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) qui se tient dans la capitale burkinabè du 23 février au 2 mars. Mais au moins 7 réalisateurs et un producteur sénégalais seront en compétition pour cette édition.

L’absence d’un film sénégalais à la complétion officielle pour l’Etalon d’or du Yenenga avait suscité beaucoup de réactions dans le milieu cinématographique. Mais une semaine après, les cinéastes sénégalais retrouvent le sourire car ils seront bel et bien présents dans les autres catégories en compétition au Fespaco 2019. Les résultats livrés hier par le comité de sélection annoncent la présence d’au moins 7 films sénégalais dans les compétitions. Ainsi, Un air de kora de Angèle Diabang, Une place dans l’avion de Khadidiatou Sow et Or’dur de Mortalla Kandji seront en compétition pour la section des courts métrages de fiction. Dans la catégorie des longs métrages documentaires, c’est le film de Katy Lena Ndiaye, On a le temps pour nous, qui défendra les couleurs du pays. Et dans cette catégorie, on retrouve également le film du réalisateur Mauritanien Ousmane Diagana, Ganda, le dernier griot, dont le producteur Sébastien Tendeng est sénégalais. Pour ce qui est des séries télévisées, c’est Garmi de Cheikh Diallo qui sera en lice tandis que dans la catégorie des courts métrages documentaires, on retrouve le film de Lobe Ndiaye La femme lionne. Dans le panorama Long métrage, on retrouve le film Rencontrer mon père de Alassane Diago. Au total, hormis la sélection officielle long métrage de fiction, le Sénégal sera aussi absent de la compétition des écoles et de celle des films d’animation.
Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) se tient dans la capitale burkinabè du 23 février au 2 mars. Pour cette année qui marque le cinquantenaire de ce rendez-vous dont Ousmane Sembène fut un des initiateurs, beaucoup de réalisateurs sénégalais avaient marqué leur déception devant l’absence de films sénégalais à la compétition des longs métrages fiction dotée du Trophée de l’Etalon d’Or du Yenenga. Dans les colonnes du Quotidien, le réalisateur Moussa Touré ne mâchait pas ses mots en parlant de «honte pour un pays, le premier à recevoir une subvention de son Président». Il faut dire qu’avec la mise en place du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica) au lendemain du premier sacre de Tey, le film de Alain Gomis avec un milliard de francs Cfa qui seront portés a deux milliards avec le deuxième Etalon remporté par le même réalisateur avec Félicité au dernier Fespaco, beaucoup s’attendaient à un florilège de sélections pour les films sénégalais. Mais voilà, les longs métrages fiction financés par le Fopica n’ont pu être achevés à temps. Pour d’autres, la situation s’était grandement complexifiée dans la mesure où d’autres problèmes sont venus s’ajouter aux soucis de financement. C’est le cas par exemple pour le film de Ben Diogaye Bèye, le rêve de Latricia, qui a reçu 100 millions du Fopica. Mais le réalisateur a expliqué il y a une semaine au micro de la Radiodiffusion télévision sénégalaise (Rts) avoir perdu son partenaire étranger. En outre, le personnage principal du film est décédé il y a quelques mois alors que le tournage du film n’était pas totalement achevé. Le cas de Ben Diogoye Ben n’est pas unique puisque d’autres films sont encore en butte à des problèmes de financement ou sont tout simplement au stade de post production. Ce qui a poussé certains à se demander pourquoi le Sénégal n’a pas pris exemple sur le Burkina Faso qui n’a pas hésité à décaisser un financement important pour permettre à ses réalisateurs d’être prêts à temps.

Le Fopica a servi à payer les droits télé de la Can 2017
Mais au final, il s’avère que le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica) a subi les aléas de cette situation financière particulière du pays avec «les tensions de trésorerie» relevées par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (Fmi). Et devant toutes ces interrogations, le Secrétaire permanent du Fopica, Abdou Aziz Cissé, est sorti du silence. Interrogé par l’Agence de presse sénégalaise (Aps), il expliquait il y a quelques jours que «le Fopica est constamment ponctionné». «Il y a constamment des ponctions du fonds de la part du ministère des Finances», révélait M. Cissé avant d’informer qu’en 2018, le Fopica a reçu moins de 1% des 2 milliards prévus. En outre, lors du vote du budget du ministère de la Culture en décembre dernier, il avait été indiqué, dans un rapport de l’Assemblée nationale, que le Fopica avait été ponctionné pour payer les droits de retransmission de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) 2017. A en croire Abdou Aziz Cissé, «le dernier appel à candidatures n’a pas été dépouillé parce qu’il faut de l’argent pour pouvoir sortir les résultats».
Aujourd’hui, les résultats des sélections du Fespaco viennent un peu conforter les propos optimistes de Abdoul Aziz Cissé. «Il faut attendre les résultats des autres sections, car il y a des projets qui ont été finalisés pour les courts métrages. Nous avons reçu 25 films courts métrages, que ce soit en fiction ou en documentaire, des films produits par les jeunes», disait-il. Dans ce lot, certains ont bénéficié de «financements directes» du Fopica, d’autres sont produits dans le cadre d’ateliers de formation financés par le fonds. Parmi les films sélectionnés au Fespaco, Un air de kora de Angèle Diabang, Une place dans l’avion de Khadidiatou Sow, Or Dur de Mor Talla Kandji et la Série Garmi, ont été financés par le Fopica. Joint par téléphone, le Secrétaire permanent du Fopica souligne que le plus important aujourd’hui, «c’est de baliser le chemin».

Will Smith, Idris Elba et Omar Sy en Guest star
L’Edition 2019 du Fespaco revêt un cachet particulier puisqu’il marque le cinquantenaire du festival. Et le comité d’organisation entend mettre les petits plats dans les grands pour bien marquer le coup. Pour cette édition, une pléthore de vedettes est attendue à Ouaga. En guest star, on retrouve des têtes d’affiche de Hollywood puisque Will Smith, Idris Elba et Omar Sy sont attendus à Ouaga. Le Comité d’organisation du Fespaco qui donne l’information annonce également la présence de divers invités du continent et de sa diaspora. Parmi les invités, l’actrice sénégalaise Rokhaya Niang mais également l’ivoirienne Naky Sy Savané. L’on annonce également la présence d’artistes chanteurs de renom.

Source : Mame Woury / le quotidien

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